Un capital-risque communautaire français
PROSPECTIVE
Des systèmes de prêts entre particuliers, bankless (sans intermédiaire bancaire), progressent à travers le monde. Le principe du Peer-to-Peer Lending est le suivant : une communauté d’internautes séduits par le projet d’un individu va financer sans banque, chacun à hauteur de quelques dizaines d’euros. Le risque est mutualisé. Les parties y trouvent leurs intérêts en matière de taux. L’ensemble est mis en place par des tiers de confiance qui sécurisent les identités, les échanges et les contrats jusqu’à leur terme. Les plus connus sont Zopa, Prosper, puis Boober, Smava, CommunityLend, ainsi que des noms célèbres comme VirginMoney. Des services de notations et de recouvrement sont même parfois adossés à ces tiers. Des initiatives similaires se mettent en place pour les prêts aux TPE et PME, dans plusieurs pays en Europe. Sur le même principe, des systèmes d’assurances communautaires commencent à se créer. Quelques centaines ou milliers d’internautes à 10 euros le ticket assureront-ils bientôt votre flotte de camions ou votre dernier tour à commande numérique ?
En attendant, l’évènement, c’est l’arrivée du capital-risque communautaire en France. A l’étranger, Fundable ou YCombinator ont montré la voie. Mais les observateurs guettent le lancement d’autres initiatives comme la française Koeos. Plus qu’un simple site de mise en relation entre entrepreneurs et investisseurs, Koeos souhaite devenir ”une véritable Bourse du non coté”. Pour les Entrepreneurs, la promesse est de ne présenter qu’un format de business plan et accéder à une communauté d’investisseurs syndiqués afin de financer l’entreprise par une augmentation de capital. Pour les investisseurs, on leur promet que « grâce à une technologie brevetée, n’importe qui aura bientôt accès à l’investissement dans le non coté de manière simple et en toute sécurité ». Et cerise sur le gâteau pour les “capital-risqueurs communautaires”, il est prévu le bénéfice d’une niche fiscale en prime, avec les fameuses réductions d’ISF et d’IRPP pour investissement au capital de PME (Loi TEPA).
