Cost-cutting de niches, l’âge de raison
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Il y a 3 ans déjà, un excellent article des Echos expliquait que les entreprises s’étaient prises au jeu de la réduction des coûts (cost-cutting), jusque dans les moindres détails. Après les leviers classiques de cost-cutting, les entreprises étaient pressées d’optimiser toutes les niches de coûts. Elles avaient compris qu’elles pouvaient y créer de la valeur et augmenter leur rentabilité. Et c’est vrai. Quoi de plus facile que de réduire ses coûts fonctionnels de 1%, et ainsi de générer du pur Résultat d’exploitation. Et s’il avait fallu aller chercher ce Résultat d’exploitation, de combien aurait-il fallu augmenter le chiffre d’affaires ?

Depuis bientôt 20 ans , des consultants en optimisation des coûts offrent leurs conseils aux entreprises. Leur modèle économique de success-fees, si décalé à l’époque, n’a pas changé. Qui se souvient à la fin des années 1980, comment les pionniers comme Alma, Agio et même ERA, avaient du mal à s’imposer comme des cabinets respectables. Ils étaient snobés par les big, le monde de l’expertise comptable, les institutions. On les appelait chasseurs de primes, officines…Tout ceci a bien changé.

En 2008, le modèle du cost-cutting est parfaitement intégré, à en juger par la reconnaissance des cabinets comme des acteurs à part entière du conseil, par une notoriété croissante, les honneurs, les fonds au capital de nombreuses sociétés de réduction des coûts, un récent LBO à 1 Mds d’euros, la création d’un syndicat professionnel, le Syncost. Le secteur du « conseil opérationnel en réduction des coûts » se porte bien depuis toujours, avec une croissance sans faille de plus de 20 % par an et avec des résultats d’exploitation de 20 % minimum qui font jazzer.

Il se porte si bien, que pas un jour, sans qu’un nouveau cabinet de réduction des coûts ne se lance, qu’un big ne débauche et ne créé un département de cost-cutting sur les coûts fonctionnels. Pas une semaine non plus, sans qu’un CFO nous explique qu’il est harcelé au téléphone par un télévendeur pour des services d’optimisation des coûts : charges sociales, impôts locaux, frais généraux, récupération de TVA, réduction du BFR, cash marathon, exhaustivité du chiffre d’affaires, taxes environnementales, frais douaniers, frais d’impression, budget de formation… un vrai catalogue tellement volumineux, que des petits malins en ont fait un salon professionnel, le Red’Cost, en septembre pour sa première édition. Gageons qu’on y trouve toute de même quelques visiteurs CFO, CEO et directeurs des achats. Car pour l’heure, les entreprises jouent le dynamisme du marché, font sans vergogne du zapping, passent sans état d’âme d’un intervenant à un autre, voire en font travailler plusieurs en concurrence sur les mêmes thèmes mais dans différentes filiales. L’âge de raison du conseil opérationnel passera certainement par de nouvelles concentrations, une adaptation du modèle, et certainement une évolution de l’offre vers plus de mise à disposition de consultants auprès des entreprises et moins de conseil one-shot. De Rhins y participe déjà, à son échelle, dans son domaine d’expertise de l’optimisation de la relation bancaire.

Jeudi, 25 juin 2008 par Laurent CLEMENTZ Commentaires[0] Lien Permanent TrackBack(0)

Négociation bancaire et changement de rapport de force
ACTUALITÉS

Les négociations des conditions bancaires en 2008 s’annoncent délicates pour les PME.

En effet, nombreux sont ceux qui constatent un changement de rapport de force dans le financement des PME. Désormais, il semble en faveur des banquiers préteurs dans l’accès au crédit. Certains prédisent un printemps qui déchante avec des turbulences et des crises de liquidité. Sans excès, plusieurs signes méritent attention. Les banques ont largement resserré les conditions d’octroi de financements depuis plusieurs mois. Les comités d’engagement exigent de valider des dossiers de plus petit volume. Des garanties et des covenants plus pénalisants sont désormais exigés. Parallèlement, les banquiers augmentent leurs taux et leurs marges sachant que les concurrents feront de même, ce que certains nomment la « collusion forcée implicite ». Ceci dans un contexte de la relation bancaire morose, comme l’indique un récent sondage du Comité Richelieu. L’association de 2000 entreprises innovantes française indique que la relation avec les banquiers n’est pas satisfaisante dans 46% des cas. Cette année 2008, plus que jamais les directions financières ont l’obligation de préparer de façon encore plus experte, les négociations avec le pool bancaire, tant pour les conditions bancaires des flux et que sur les financements, pour en limiter les coûts.

Pour en savoir plus :

Mardi, 17 mars 2008 par Laurent CLEMENTZ Commentaires[0] Lien Permanent TrackBack(0)

Tendances pour les placements de trésorerie
ACTUALITÉS

Un récent article de l’Agefi donne les tendances en matière de placement des trésoreries des grandes entreprises, entre certificats de dépôts et fonds monétaires.

Pour mémoire, les certificats de dépôts (CD) sont des placements de plus de 150 000 euros, généralement indexés sur l’EURIBOR. Par leurs échéances, ils sont moins souples que les fonds monétaires. Les fonds monétaires (OPCVM) sont des produits de placements généralement indexés sur l’EONIA. Ils ne sont pas forcément des produits de placement sans risque. Ce sont parfois des produits structurés avec plus de 5% de fonds de titrisation. Les fonds monétaires dynamiques ont ainsi subi des mouvements lors de l’été 2007, en pleine crise.

En Août 2007, les grandes entreprises ont logiquement déplacé leurs excédents, sur les certificats de dépôts, en vendant massivement leurs fonds monétaires. Depuis, du côté des performances, l’EURIBOR est redescendu pour se rapprocher de l’EONIA (écart de 100 points de base en Août 2007 à 30 points de base en Mars 2008). Aujourd’hui, les trésoriers reviennent timidement et de toute façon partiellement, sur les fonds monétaires. C’est principalement une marque de défiance. Ils veulent aussi s’assurer la garantie du rendement en ces périodes troublées.

En cette période d’absence de consensus sur l’évolution des taux, les entreprises placent de toute façon leurs excédents à 3 mois maximum.

Mardi, 10 mars 2008 par Christian BERTIN Commentaires[0] Lien Permanent TrackBack(0)