Une étude forte intéressante commandée par la Fédération Bancaire Française à l’Ifop, auprès de 1000 PME-TPE vient de sortir ce matin. Trois chiffres ont retenu notre attention :
- 45% des dirigeants d’entreprise estiment qu’ils n’ont pas été bien aidés ou bien conseillés par les banques lors de leur demande de financement.
- 50% des dirigeants de PME trouvent que leurs interlocuteurs n’ont pas le pouvoir de décision suffisant
- 50% des PME trouvent que l’on ne peut pas comparer les produits d’une banque à une autre
Ca tombe bien. C’est le pitch de DE RHINS, transformer la relation des entreprises avec leurs banques, pour la rendre plus équilibrée, transparente et rémunérée au juste cout.
Pour en savoir plus : Etude Ifop pour la FBF sur la relation bancaire des entreprises
Suite au dernier post « Quelle est la délégation de votre banquier », vous avez été nombreux à insister pour nous demander des montants indicatifs. L’exercice est plus que délicat tant les pratiques varient selon les banques, les intervenants, les entreprises clientes et leur santé financière. Un directeur d’agence a généralement moins de délégation qu’un directeur de centre d’affaires entreprises. Très approximativement, on peut citer l’exemple récent d’une entreprise avec une cotation correcte : un directeur d’agence pourra intervenir sur 50 k€ de crédit court terme (facilité de caisse, billet de trésorerie, escompte…) et 200 k€ de crédit moyen terme (prêt, crédit-bail). Un directeur de centre d’affaires entreprises pourra intervenir sur 150 k€ de crédit court terme et 400 k€ de crédit moyen terme. Au-delà de ces montants, les dossiers remontent à la direction régionale puis à la direction des crédits pour aval. Evidemment, les clients aux cotations délicates échappent aux délégations agence.
Cet exemple a le mérite de montrer que l’entreprise se doit d’évaluer le niveau de délégation de ses interlocuteurs habituels et de chercher à se faire connaitre du directeur régional par exemple, pour préparer ces futures négociations de lignes de crédit et de conditions bancaires.
Avec le resserrement du crédit, les situations tendues d’entreprises, la tendance 2007 se confirme en 2008 : ce sera le printemps chez les compagnies d’affacturage. Pour mémoire, l’affacturage est un moyen de financement pour 30 000 entreprises par le biais d’une société de financement, la société d’affacturage, à laquelle seront confiées les créances de l’entreprise. Les factures portent généralement la mention de la nécessité d’effectuer le paiement à la société d’affacturage, qui va gérer le compte client. L’affacturage fonctionne sur le fondement juridique du paiement par subrogation. La société d’affacturage ou factor assume le risque de solvabilité du client, mais pas celui de non-paiement. L’affacturage est ainsi une combinaison d’une prestation de services, la gestion du recouvrement des créances, d’une opération analogue à l’assurance, la garantie de crédit des débiteurs et d’une opération de crédit. Par l’application de l’article L. 313-2 du Code de la Consommation, dès lors que le client d’une compagnie d’affacturage – l’affacturé – peut prélever des sommes sur son compte courant par anticipation de l’échéance des règlements des acheteurs, la mention du taux d’effectif global (TEG) est obligatoire (Revue Banque 688/2007, p 82/ JL Guillot et S Fayner) Avez-vous déjà vu trace de TEG dans les bordereaux et contrats des sociétés d’affacturage ?« Les factors sont incapables de faire apparaître un vrai taux effectif global (TEG). C’est d’abord complexe car la facturation l’est tout autant, à la fois proportionnelle et forfaitaire ou à l’unité …. Et même s’ils le pouvaient, les factors ne veulent pas. Car en intégrant tous les frais annexes, ils dépassent très largement les taux des crédits à la consommation et crédit révolving qui fleurissent les programmes télévision … et qui font sourire » précise un chargé d’affaires d’une grande compagnie d’affacturage française.
La direction des études d’une grande banque vient de donner ses prévisions de l’évolution des taux longs et taux courts. Après plusieurs années d’inversion des taux, il est pressenti, à compter du 2nd trimestre, une remontée des taux longs au dessus des taux courts, ce qui est normalement une normalité économique. Pour l’heure, l’Euribor 3 mois remonte et filtre flirte avec les 5 % comme il y a 6 mois, et l’OAT 10 ans baisse …
Par définition, le taux d’attrition (ou churn rate) est l’indicateur qui permet de mesurer le phénomène de perte de clientèle ou d’abonnés. C’est le ratio (nombre de clients perdus / nombre de clients total) mesuré sur une période donnée qui est le plus souvent l’année. Au vu de l’impact de la fidélité des clients sur la rentabilité de l’entreprise, le taux d’attrition est un indicateur dont le suivi est particulièrement important. Quel est le taux d’attrition ou de mobilité bancaire pour les entreprises ? A notre connaissance, aucune étude ne le décrit en France. La mise en concurrence depuis de nombreuses années et l’arrivée de nouveaux entrants en particulier les banques étrangères ont facilité la négociation et l’optimisation des conditions bancaires des entreprises. Et pourtant le taux d’attrition est forcément très faible car le “client” est captif. Nombreux en sont les exemples. Les clients de services d’affacturage savent qu’il est complexe de sortir d’un contrat de factoring. Les preneurs d’emprunts connaissent les limites à la renégociation des conditions de financement, en raison des coûts de garantie à modifier. Les marchands en ligne imaginent la barrière à la mobilité en raison des systèmes de paiement par carte interfacés avec les CRM et ERP. Pour les particuliers, le taux d’attrition est connu et exemplaire. Le marché français semble présenter un des taux les plus faibles d’attrition bancaire au niveau des marchés occidentaux, à environ 2 %. A titre de comparaison, le taux de résiliation global dans le secteur de l’assurance automobile s’élève à 15 %, à 20% pour la téléphonie. Le taux d’attrition conjugal, en somme le taux de divorce annuel, est de 3% en France. En France, le particulier change finalement plus souvent de conjoint que de banque ;-)

L’évolution des taux longs et courts sur 10 ans donne une étonnante perspective de deux cycles de croissance-récession. Les taux d’intérêt à long terme sont à un niveau historiquement bas. Sur deux ans, les taux court terme (Euribor 3 mois) ont progressé fortement. On constate toujours une inversion de la courbe des taux : après s’en être approché, les taux d’intérêt à long terme restent inférieurs aux taux à court terme. En d’autres termes, l’emprunt de trésorerie reste plus cher que celui pour investir.
Pour mémoire, l’Euribor, le taux du marché monétaire européen, est l’indice de référence le plus courant des prêts révisables. L’OAT (Obligation Assimilable du Trésor) est une obligation émise par l’Etat français, d’une durée pouvant aller jusqu’à 50 ans. Le taux de l’OAT à 10 ans est généralement pris comme référence de coût d’un emprunt ou de rémunération d’un placement à long terme.